Vidéo : L'agriculture : quand les paysans ont faim

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France Télévisions
Géographie03:23Publié le 08/10/2021

L'agriculture : quand les paysans ont faim

La face du monde

Premier employeur de la planète, le secteur agricole est le gagne-pain de 40% de la population mondiale. Pourtant 500 millions de paysans ont faim. A eux seuls, ils représentent deux tiers des personnes qui, sur cette planète, souffrent d’insécurité alimentaire.

La face cachée de l'agriculture

Avec 7,8 milliards d’humains à nourrir aujourd'hui et 9,5 milliards en 2050, l’agriculture a du pain sur la planche ! Or telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, elle pose de nombreux problèmes :

  • Première cause de déforestation, elle détruit les milieux naturels.
  • Elle émet 23% des gaz à effet de serre.
  • Elle crée des inégalités, maintenant ses producteurs dans la pauvreté et les exposant à la faim.

Une agriculture commerciale croissante

L'agriculture vivrière nourrit ceux qui la produisent et leurs familles. L'agriculture commerciale, elle, est destinée à la vente. Elle peut être pratiquée de manière intensive, utilisant alors machines et intrants chimiques pour une rentabilité maximum.

Avec la mondialisation, l’agriculture commerciale s’est considérablement développée. Délaissant les cultures vivrières, certains pays se sont spécialisés pour répondre à la demande d’autres pays.

Conséquence : les prix des produits agricoles se sont mis à fluctuer au rythme de l’offre et la demande sur des marchés mondialisés. Et les agriculteurs de ces pays-là se sont retrouvés en concurrence avec des producteurs qui ne bénéficient pas du tout des mêmes moyens.

L'exemple de la production de cacao

L’Afrique de l’Ouest détient 75% de la production mondiale de cacao. Cette production est destinée principalement à l’Europe et l’Amérique du Nord. Pour les millions de petites exploitations qui produisent les fèves, c’est un formidable débouché !  

Mais dans la réalité, les producteurs ne tirent que 2 % du bénéfice final réalisé. Parce qu’avant d’être consommé, le cacao passe entre les mains d’industriels qui le transforment. Une industrie tenue par quelques géants qui se partagent le marché, et fixent les prix et les standards. Face à eux, les petites exploitations ont bien du mal à s’imposer.

Accepter de payer le prix

Une des solutions est de créer des filières durables qui garantissent de meilleurs revenus. Elles aident les producteurs à s’unir en coopératives pour porter leur voix et défendre leurs droits. Elles garantissent un prix suffisant aux producteurs et productrices et les accompagnent vers des pratiques plus efficaces et plus respectueuses de l’environnement.

Mais ces filières ont un coût. Le cacao qu’elles produisent est 40 à 90% plus cher.

Elles impliquent donc qu’en bout de chaîne, les consommateurs s’intéressent à l’origine de ce qu’ils achètent et acceptent d’en payer le prix.

 

Mal pratiquée, l’agriculture creuse les inégalités et pollue. Pensée autrement, elle peut au contraire réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire, fournir des emplois décents en milieu rural et préserver les milieux naturels. Son importance est telle que lorsqu’elle change, c’est toute la planète qui se met à changer.

 

Réalisateur : Emmanuelle Ousset et Martin Carrese

Producteur : AFD, Black Euphoria

Année de copyright : 2021

Publié le 08/10/21

Modifié le 21/10/21