L'armistice de 1918

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La grande explication
Publié le 07/11/18Modifié le 14/11/19

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Le 11 novembre 1918, à 11 heures, les cloches de toutes les villes et de tous les villages de France se mettent à sonner à la volée. Les Français descendent dans les rues et laissent exploser leur joie. Au front, les clairons retentissent. Les soldats ahuris baissent les armes et la Marseillaise jaillit des tranchées. Le long cauchemar est terminé. Quelques heures plus tôt, dans une clairière isolée à deux kilomètres de Rethondes, près de Compiègnes, un armistice a été signé. Après quatre années de guerre et 10 millions de morts, l’Allemagne, dernière puissance de la Triple-Alliance, est vaincue.

C'est quoi la Triple-Alliance ? 

En 1914, l’équilibre de la paix est fragile en Europe. Un système d’alliances divise le monde en deux camps distincts : la Triple-Entente et la Triple-Alliance. Le 28 juin 1914, l’assassinat de l’archiduc d’Autriche François Ferdinand, à Sarajevo, met le feu aux poudres. La guerre éclate et le terrible engrenage des alliances s’enclenche. On imagine alors qu’elle sera courte, quelques semaines tout au plus... Mais l’illusion se dissipe bien vite. La guerre s’enlise, interminable. Plus violente, plus meurtrière et plus destructrice qu’aucun conflit auparavant. Dans des tranchées insalubres, infestées de rats qui ont l’odeur de la mort, les combats tournent au massacre. D’un côté comme de l’autre, on en vient même à oublier pourquoi on se bat. On essaie de survivre, jusqu’au lendemain.  

Vers un armistice ?

Au printemps 1918, la situation des forces alliées est critique : depuis la paix signée avec la Russie, le 3 mars, l’armée allemande concentre toutes ses forces sur le front ouest où elle espère faire une percée décisive. Vite… avant l’arrivée des renforts américains. Mieux équipée et en surnombre, elle lance une offensive de grande ampleur le 21 mars. Face à la gravité de la situation et à la violence inouïe des attaques, les alliés réagissent et se décident enfin à instaurer un commandement unique. Le général Foch est désormais chargé de donner aux forces alliées la cohésion qui leur manquait. Mieux coordonnées, elles parviennent à ralentir la progression allemande jusqu’à l’arrivée du général Pershing et de ses divisions américaines en juillet. Pendant des mois, les alliés lancent une série de contre-offensives qui remportent un succès inattendu. L’armée allemande, exténuée et dont les ressources se font de plus en plus rares, finit par battre en retraite. Quelques jours plus tard, l’armistice du 11 novembre marque l’arrêt des combats. Pourtant, il faudra encore huit mois de négociations pour que soit signé le traité de Versailles

La signature du traité de Versailles  

Le 28 juin 1919, les belligérants se réunissent dans la galerie des Glaces du château de Versailles pour signer la paix. L’Allemagne est forcée d’accepter ce qu’elle considère comme un « diktat » et reçoit avec amertume les lourdes sanctions à son encontre. Elle est démilitarisée, amputée de certains territoires, privée de ses colonies, astreinte à d’importantes réparations économiques… La Société des Nations voit le jour pour veiller à la paix dans le monde et les vainqueurs espèrent que cette abominable guerre sera la « der des der ». Mais le traité de Versailles porte en lui les germes de la Seconde Guerre mondiale : l’humiliation allemande cède vite la place à des idées nationalistes qui nourrissent l’essor du parti nazi. Le 22 juin 1940, c’est à Rethondes, dans le même wagon, que l’armée allemande recevra la reddition française.

 

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