L'horreur des tranchées

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Apocalypse : la Première Guerre mondiale
Publié le 10/03/14Modifié le 12/11/19

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Quelles étaient les conditions de vie dans les tranchées ? 

Du côté français, des excavateurs dévastent la campagne pour creuser toujours plus de tranchées, maintenant organisées en 3 lignes successives. La tranchée de première ligne est la plus dangereuse. C'est celle où la mortalité est la plus grande. L'ingéniosité humaine n'a pas de limite quand il s'agit de tuer. Quand l'ennemi est caché dans la tranchée d'en face. Tout est bon pour lui envoyer des explosifs : fusils lance-grenades, lance-torpilles, et même reprise des arbalettes du Moyen Age, jusqu'aux lance-pierres géants des soldats britanniques, comme leur « plum pudding », un projectile étranger à peine plus dangeureux pour l'ennemi que pour les servants. 

Rats, poux, maladies rares... L'hygiène catastrophique des tranchées

Entre deux pilonnages d'artillerie, les soldats attendent. Ils dorment, jouent à la manille, écrivent et combattent l'ennui en bricolant tout un artisanat avec le cuivre des douilles. Ils aménagent des abris auxquels ils donnent des noms évocateurs comme La Villa de la Dèche. L'odeur dans les tranchées est indescriptible. Le soldat Albert Thierry écrit : « Personne ne se lave ni ne se peigne. Je n'ai jamais eu du linge sur le dos aussi longtemps. » 

Les soldats rentrent la nuit dans leur abri souterrain. L'un d'eux s'est bricolé une cage pour se protéger des rats. Un sergent écrit : « Un de mes hommes a été mordu à l'oreille, l'autre au nez. Lorsque vous êtes allongé, ils vous passent dessus comme des chats. Ils dévorent tout : chocolat, camembert, jusu'à la crosse des fusils... » Les hommes font la chasse aux rats par tous les moyens. Dans un seul trou, ils en ont tué 17. Les rats amènent les puces et la gale. Les poux sont la plaie de toutes les tranchées.

Mais pour tous ces soldats de première ligne, ces conditions d'hygiène catastrophiques, et les maladies rares qu'elles engendrent, ne sont rien à côté de l'angoisse de l'attaque. Ils doivent rester au moins une semaine avant la relève de ceux de la seconde ligne. Après les assauts, les survivants de la première ligne repartent avec leurs blessés par des fossés étroits appelés les boyaux. Ils débouchent sur la troisième ligne, l'arrière-front. Il leur faut un moment pour reprendre leur souffle. Le caporal Tanty écrit : « On a lu des lettres de prisonniers boches, elles sont les mêmes que les nôtres. La misère, le désespoir, la monstrueuse cupidité de toutes ces choses. Ces malheureux sont comme nous. Le malheur est pareil pour tous. »

 

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