L’obsolescence programmée : une histoire de business

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Publié le 16/10/17Modifié le 13/11/19

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Selon un rapport de l’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, seulement 44% de nos appareils électroniques défaillants étaient réparés en 2012. Plus d’un appareil sur deux est donc jeté à la poubelle, causant de la pollution et une surexploitation des ressources naturelles. Mais la durée de vie d’un objet peut-elle être programmée par un fabricant ? C’est l’idée qui se cache derrière l’expression  obsolescence programmée.

En 1932, le courtier new-yorkais Bernard London parlait déjà d’ «obsolescence planifiée» comme d’une solution pour relancer la consommation et la croissance économique : en limitant volontairement la durée de vie des produits, le fabricant s’assure ainsi que les clients seront obligés d’en racheter. Une démarche aujourd’hui dénoncée par de nombreuses associations de défense de l’environnement et de défense des consommateurs comme Greenpeace ou l’UFC Que Choisir. 

Depuis l’adoption de la loi sur la transition énergétique en 2015, cette pratique est considérée comme un délit puni de 2 ans de prison et de 300 000 euros d’amende. Mais malgré l’existence du terme, il est très difficile de trouver des preuves de la limitation programmée de la durée de vie des objets par un fabricant. Pourtant, cet abus de langage repose bien sur une réalité.

Dans un rapport publié en 2013, le Centre européen de la consommation pointe différentes autres formes d’obsolescence. Parmi elles :  L’obsolescence indirecte, par exemple le changement de modèle de chargeur de téléphone ou l’arrêt de fabrication de pièces détachés rendant impossible toute réparation. Il y a aussi l’obscolescence par incompatibilité, répandue en informatique et pratiquée notamment par Apple avec diverses versions de systèmes d’exploitation qui rendent inutilisables certains téléphones et ordinateurs : une forme d’obsolescence programmée et déguisée, bien maîtrisée par le secteur des nouvelles technologies. Le rapport attire également l’attention sur d’autres formes d’obsolescence comme l’obscolescence par péremption, l’obsolescence esthétique ou encore l’obsolescence écologique.
À travers leurs choix industriels, les fabricants décident donc de soutenir la durée de vie des objets et leur réparation, ou plutôt de stimuler la consommation en mettant en place des techniques pour les remplacer par de nouveaux modèles. En juin 2017, Greenpeace dressait un premier classement des entreprises à la pointe de l'obsolescence programmée. En tête : Samsung Apple et Microsoft.

Mais depuis, aucune action en justice n’a été menée contre ces géants. En juillet 2017, le Parlement européen a adopté un rapport pour l’allongement de la durée de vie des produits. À l’avenir, la Commission européenne pourrait légiférer contre l’obsolescence programmée. Comment ? En obligeant les fabricants à soutenir activement la réparation des objets polluants et difficilement recyclables, qui génèrent en 2017, un triste record de 47,8 millions de tonnes de déchets électroniques.

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Clément Baudet

Producteur : Corner Prod

Année de copyright : 2017

Année de production : 2017

Année de diffusion : 2017

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