La naissance de la Cinquième République

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La grande explication
Publié le 21/09/18Modifié le 14/11/19

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Le 28 septembre 1958, après des mois de campagne électorale, les citoyens français se rendent massivement dans leurs bureaux de vote. En métropole et dans les colonies françaises, ils sont invités à adopter ou à rejeter la nouvelle Constitution. La victoire des partisans du « oui » est écrasante : près de 80 % des votants s’expriment en faveur de la Ve République. Des résultats qui témoignent de la volonté des Français d’en finir avec un régime à bout de souffle et avec une guerre qui s’enlise en Algérie.

Oui ou non à une Ve République ?

En 1958, la France est présidée par René Coty. La Seconde Guerre mondiale est finie depuis plus de dix ans et les Français ont recommencé à vivre. 
Pourtant, la IVe République, qui a à peine 12 ans, agonise. Son régime politique est instable : les gouvernements n’en finissent plus de se succéder et rares sont ceux qui tiennent plus de six mois.
Affaiblie, la France perd peu à peu son empire colonial. Après l’Indochine, le Maroc et la Tunisie, c’est l’Algérie qui revendique son indépendance. Depuis quatre ans, une guerre oppose les indépendantistes du FLN aux autorités françaises. Une guerre qui ne porte pas son nom, où tout semble permis, même la torture.
Le 13 mai, à Alger, un rassemblement en hommage aux trois Français fusillés par le FLN tourne à l’émeute. L’investiture du nouveau président du Conseil, Pierre Pflimlin, inquiète. On dit qu’il veut négocier avec le FLN… Il faut protéger l’Algérie française ! La foule envahit le bâtiment du gouvernement général et le met à sac. Les dissidents forment un Comité de salut public et demandent au général Massu de le diriger. L’émeute tourne à l’insurrection.

Dans les jours qui suivent, l’agitation grandit et les manifestations éclatent dans tout le pays. Le 15 mai, le général Salan s’exprime depuis le balcon du forum d’Alger. Il prononce le nom que la foule attendait. Il appelle le général de Gaulle, « le héros de la France libre », à revenir au pouvoir pour reprendre les choses en main. 

Le général de Gaulle, premier président de la Ve République

Depuis douze ans, le général de Gaulle s’est retiré de la vie politique, en profond désaccord avec les institutions de la IVe République. A l’appel du général Salan, il sort de son silence et se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République. Quelques jours plus tard, il précise ses propos : il ne prendra pas le pouvoir autrement qu’en toute légalité. 

A Paris, la tension est vive. Les généraux d’Alger menacent de mener une opération de parachutage sur la capitale si de Gaulle n’est pas investi… La rumeur parle d’un putsch de l’armée !

Le 28 mai, le président Coty, qui redoute la guerre civile, demande au général de Gaulle de former un gouvernement. Pour les gaullistes, l’homme providentiel est de retour, l’Algérie française est sauvée. Pour l’opposition, c’est un coup d’Etat. Le jour même, plus de 200 000 manifestants se rassemblent à Paris pour protester contre son retour.

Le 1er juin, l’Assemblée nationale investit le général de Gaulle à 329 voix contre 224.  Il devient ainsi le dernier président du Conseil de la Ve République. Le lendemain, les députés lui octroient les pleins pouvoirs, comme il l’avait demandé, pour qu’il puisse rédiger une nouvelle Constitution.

 

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