Vidéo : Algérie : deux ennemis, une réconciliation

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RFI
Histoire45:58Publié le 23/03/2022

audio - Algérie : deux ennemis, une réconciliation

Les mémoires de la guerre d'Algérie

Pour combattre l’ignorance et le racisme, des appelés français et un fellagha, ancien membre du FLN partagent une vision reconstruite après coup. A la fois témoins et acteurs de l’histoire, ils sont interviewés dans l’émission la Marche du monde de Valérie Nivelon. Témoignages de Michel Wilson de l’Association Coup de soleil en Auvergne-Rhône-Alpes, et de l’historienne Dalila Berbaghi. 

la réconciliation : un travail de mémoire commun

  • Bernard Gerland et Sbah Berbagui, adolescents à l’époque de la Guerre d’Algérie témoignent de leur participation dans la Guerre d'Algérie auprès des lycéens de l’agglomération lyonnaise. L’un était appelé à défendre la France pendant son service militaire ; l'autre a rejoint la guerre d’indépendance du côté du FLN, pour libérer son pays. Tous les deux ont participé chacun de leur côté à des opérations communes, dont la fin de l’opération Jumelles. Ils racontent leur guerre de l’intérieur, entre prises de positions, torture et exécution sommaire. Ils ont une même volonté de transmettre leur passé aux jeunes, de parler d’un sujet encore tabou dans beaucoup de familles françaises.
  • Dalila Berbagui, est l'auteur de Destin croisés, en 2015, aux Editions Bellier. Elle décrit la rencontre improbable sur le sol français de son père Sbah Berbagui immigré algérien, arrivé en France en 1961 et de l'appelé français Adolphe Hugon. Les deux hommes ont combattu dans la même région à 30 km d’écart en petite Kabylie. Le premier dans la montagne, le second au poste militaire. Nés en 1938, ils sont de même génération, avec les mêmes origines sociales, la même participation à la guerre d’Algérie. L’élément déclencheur, est le documentaire L’ennemi intime de Patrick Rotman, en 2002. Il raconte la plongée des hommes de vingt ans dans le quotidien de la guerre d’Algérie et l’usage de la torture
  • Sbah Berbagui, berger de 13 ans, est torturé par des français et des harkis et décide de rejoindre le maquis du FLN (le Front de Libération National) à l'âge de 16 ans. De 1959 à 1960 pendant l’opération Jumelles, l’aviation française bombarde la montagne pendant plusieurs heures, il en ressort vivant. 300 personnes meurent dans cette attaque. Cette opération de ratissage très meurtrière orchestrée par le général Challe, dans les montagnes, a déployé 45 000 soldats, des bombardiers, la marine, les bâtiments de guerre pour démanteler le FLN. Pourtant, pour Sbah « Il faut tourner la page, c’est du passé, c’est terminé ». 

Pourquoi parler de réconciliation aujourd’hui ? 

Le travail de mémoire et cette volonté de témoigner prennent vie sous plusieurs formes : par des actions, des voyages, des spectacles, des documentaires... L'objectif est de parler, de transmettre, de faire la paix avec sa conscience, avec soi-même et avec les autres. 

  • Les voyage de la réconciliation, pour avancer et peut-être retourner en Algérie. L’association dite des 4ACG Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre, organise des voyages en Algérie de la réconciliation. L'idée est d'aller à la rencontre d'anciens moudjahidine et des jeunes algériens. En reversant l’intégralité de leur retraite d’anciens combattants à des associations locales, ils espèrent réparer ce qui a été cassé pendant la guerre d’Algérie. « Y‘a 50 ans, on était venus pour vous tuer aujourd’hui on est là pour vous serrer la main ». Pour les algériens, ce n'est pas la faute de la France, mais à la colonisation. Ils sont accueillis à bras ouverts.
  • Un spectacle Ma guerre d’Algérie, de Bernard Gerland. Une expérience personnelle pour apaiser sa douleur et partager avec ses proches, ses amis et ses enfants. S’en suivent 400 représentations en toute transparence face à un public élargi par devoir de mémoire. Il y raconte les zones interdites, sa double vie avec l’assistance sociale le jour et les opérations la nuit ou sur une période longue, la harka avec les groupes de harkis, l’exécution d’un prisonnier lors d’une corvée de bois qui devient héros et martyr... et il se retourne sur l'homme qu’il était à cette époque.
  • Un film documentaire Une guerre sans nom, de Bertrand Tavernier et de Rober Ratman, en 1992. Un film sans figure officielle, ni documents d’archives. 

Nom de l'auteur : Valérie Nivelon / La Marche du monde

Producteur : RFI

Année de copyright : 2016

Publié le 23/03/22

Modifié le 28/03/22

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