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La propagande pendant la Seconde Guerre mondiale
La grande explicationEn février 1943 à Berlin, Joseph Goebbels prononce un discours de deux heures où il proclame « la guerre totale » devant une foule chauffée à blanc. Au lendemain de la lourde défaite allemande à Stalingrad, l’enjeu est majeur pour le maître de la propagande nazie : il doit à tout prix renvoyer l’image d’un peuple solidaire et toujours confiant dans la victoire. Dans cette Seconde Guerre mondiale, le combat se mène dans les esprits autant que sur le champ de bataille. Et plus que jamais, l’image est une arme stratégique.
Propagande nazie et instrumentalisation des arts et des médias
Dès son arrivée au pouvoir, Adolf Hitler nomme Joseph Goebbels ministre de l'Éducation du peuple et de la propagande. Sa mission ? Instrumentaliser l’ensemble de la vie culturelle et médiatique en Allemagne. La presse libre est abolie. La radio, le cinéma et la littérature sont encadrés. L’endoctrinement nazi est en marche. En mai 1933, à Berlin, sous l'œil des caméras de la propagande, on brûle en place publique des milliers de livres jugés « néfastes à la santé morale de l'Allemagne ». En 1936, le régime nazi finance le tournage d’un grand documentaire sur les Jeux olympiques de Berlin : Olympia. Réalisé par Leni Riefenstahl, le film met en scène la supposée supériorité de l’homme aryen. Partout, à grand renfort d’affiches choc, le peuple allemand est glorifié. Ses ennemis sont stigmatisés : les bolcheviks sont présentés comme des barbares menaçant la civilisation. Les Juifs sont caricaturés, associés à la corruption et au complot. La force des images prépare la violence, et accompagne l’instauration des mesures antisémites en Allemagne. Pendant la guerre, les actualités cinématographiques allemandes font la part belle aux victoires nazies. Les caméras de la propagande sont aux premières loges du défilé triomphal de l’armée allemande à Paris.
► Durant l’occupation, alors que l’Allemagne appelle la population française à faire confiance à l’occupant, le régime de Vichy adoptesa propre propagande. Le maréchal Pétain est érigé en sauveur, et on placarde la nouvelle devise : « Travail, famille, patrie ». Mais dans cette guerre des images, le camp adverse utilise aussi la propagande.
La propagande des Alliés
- Dans la clandestinité, la Résistance tente aussi d’imposer son récit. Des tracts et des journaux appellent à se rebeller contre Vichy et à lutter contre l'envahisseur. Le combat se mène aussi en Angleterre.
- Alors que Londres est la cible des bombardements nazis, la propagande britannique cherche avant tout à maintenir le moral de la population. Elle fait de Winston Churchill le symbole de la résistance face au nazisme. Les images de la famille royale dans les décombres, aux côtés des habitants, frappent les esprits et nourrissent aussi l’espoir côté allié.
- Sur le front de l’Est, l’URSS livre aussi la guerre à Hitler. Mais alors que l’armée rouge subit plusieurs défaites et des pertes humaines par millions, la propagande de Staline les passe sous silence. Au contraire, le soldat soviétique est érigé en héros de la grande guerre patriotique. Et en 1943, l’URSS finit par remporter une victoire décisive à Stalingrad. Les images du défilé des prisonniers allemands exhibés par l’URSS font le tour du monde. Elles marquent un tournant psychologique dans la guerre, alors que les États-Unis ont désormais rejoint le conflit.
La propagande de guerre des États-Unis
En décembre 1941, le Japon, allié de l’Allemagne, frappe les États-Unis par surprise à Pearl Harbor, dans le Pacifique. Le géant américain déclare la guerre au Japon et entre, à son tour, dans le conflit mondial. Pour l’Office of War Information, l’organe chargé de la propagande de guerre, l’émotion suscitée par l’attaque japonaise est un puissant levier pour mobiliser l’opinion américaine. L'industrie d'Hollywood est mise à contribution. Le cinéaste John Ford est chargé par le gouvernement de réaliser un film sur Pearl Harbor, mélange d’images réelles et de reconstitutions dramatiques. L’objectif est clair : justifier une guerre totale, sans compromis, face à un ennemi déshumanisé. Affiches, publicités ou même dessins animés, tout est bon pour entretenir le soutien du peuple américain à cette guerre qui se déroule loin de chez lui. Entre 1941 et 1945, près de 200 000 affiches de propagandes sont imprimées aux États-Unis. C’est plus que dans n’importe quel autre pays ayant pris part au conflit.
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Réalisateur : Jean-Christophe Nabères
Auteur : Flore-Anne d’Arcimoles et Jean-Christophe Nabères
Producteur : INA avec la participation de France Télévisions et TV5Monde
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 07/09/26
Modifié le 07/09/26

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