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Bac 202611:15Publié le 07/08/2026

« Pluie et vent sur Télumée Miracle » de Simone Schwarz-Bart - résumé et analyse

Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !

As-tu déjà eu envie d’explorer ton arbre généalogique pour en savoir plus sur tes ancêtres ? C’est justement ce que font Télumée, la narratrice de Pluie et vent sur Télumée Miracle, et son autrice Simone Schwarz-Bart. Elles rendent un sublime hommage aux femmes antillaises, à ces femmes Poto-Mitan, soutiens de la famille. Résumé de l'œuvre, contexte historique, personnages, analyse, présentation du parcours dans lequel elle s'inscrit... Trouve toutes les notions-clés dans cette vidéo 👇.

Simone Schwarz-Bart, écrivaine guadeloupéenne

Simone Schwarz-Bart naît en 1938 à Saintes, en Charente-Maritime, mais ses parents sont guadeloupéens et c’est sur cette île qu’elle grandit. Adolescente, elle revient en métropole, pour faire sa terminale et des études de droit, à Paris. En 1959, à 21 ans, Simone Schwarz-Bart rencontre André Schwarz-Bart, 31 ans, qui deviendra son mari. Lui est déjà écrivain et vient de proposer à un éditeur son roman, Le Dernier des justes, une œuvre qui dénonce l’antisémitisme et l’Holocauste, et qui recevra le prix Goncourt. André et Simone se marient en 1961 et écrivent ensemble le roman Un plat de porc aux bananes vertes, publié en 1967, faisant resurgir l’histoire passée de la Martinique.
Cinq ans plus tard, en 1972, Simone Schwarz-Bart écrit et publie seule Pluie et vent sur Télumée Miracle. Tout de suite, son talent est reconnu. Après ce succès, Simone Schwarz-Bart publie pièces de théâtre, romans et, en collaboration avec André Schwartz-Bart, Hommage à la femme noire, en 1989, une encyclopédie en six tomes consacrée à la réhabilitation des femmes noires invisibilisées par les annales de l’Histoire. En 2006, le ministère de la Culture lui décerne le titre de commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

Dans quels contextes historique et géographique se passe Pluie et vent sur Télumée Miracle ?

  • Pluie et vent sur Télumée Miracle retrace l’histoire de trois générations de femmes sur l'île de la Guadeloupe, aux Antilles.
    En 1848, l’esclavage est aboli dans les colonies françaises, la Guadeloupe reste alors une colonie française avant de devenir un département en 1946. Si l’esclavage et la colonisation ont cessé au XXe siècle, à l’époque où se déroule le roman, les inégalités, elles, sont loin d’avoir pris fin. Les femmes sont toujours les premières victimes : elles sont surexploitées, abandonnées, violentées
  • Dans le monde littéraire, durant la seconde moitié du XXe siècle, les écrivains antillais francophones commencent à s’imposer. En plus de Pluie et vent sur Télumée Miracle, paru en 1972, citons le Martiniquais Aimé Césaire, auteur du Discours sur le colonialisme, en 1950, ou la Guadeloupéenne Maryse Condé, autrice de Moi, Tituba Sorcière noire... de Salemen 1986.
    ► Comme eux, Simone Schwartz-Bart défend l’importance d’entretenir la culture créole sans la dénaturer. La culture créole est riche des langues, des croyances, des coutumes nées de la rencontre entre les peuples amérindiens, les colonisateurs français et les populations africaines déportées.

Que raconte Pluie et vent sur Télumée Miracle ?

Le roman retrace tout un arbre généalogique : véritable mémoire d’une famille ! Celle de Télumée, une femme qui a vraiment existé, l’autrice l’a rencontrée durant son enfance. Pour Simone Schwarz-Bart, Télumée incarne la Guadeloupe : « Il y a des personnes qui, à elles seules, représentent un pays ». L’écriture permet à la romancière de redonner vie à Télumée et de maintenir son lien avec la Guadeloupe : « Quand elle est morte, j’étais en Suisse, et j’ai senti à ce moment-là que perdant cette femme, je perdais mon pays si je n’arrivais pas à la ressusciter, à la faire revivre. »

Comment présenter Pluie et vent sur Télumée Miracle ?

  • Dans la première partie du roman, intitulée « Présentation des miens », Télumée fait la chronique de ses aïeuls, les Logandor, et surtout des femmes. Nous remontons dans le temps : l’esclavage vient tout juste d’être aboli et la narratrice, Télumée, présente son arrière-grand-mère, Minerve. Heureuse d’être une femme libre, malheureuse d’être abandonnée enceinte, Minerve trouve l’amour et la stabilité auprès de Xango qui devient un père pour la fille qu’elle met au monde : Toussine. Devenue une très belle jeune fille, cette dernière fonde une famille heureuse avec un pêcheur nommé Jérémie, et leurs jumelles Eloisine et Méranée.
    Mais comme le dit un proverbe antillais : « Malheur à celui qui rit une fois et s’y habitue, car la scélératesse de la vie est sans limites, et lorsqu’elle vous comble d’une main, c’est pour vous piétiner des deux pieds ». Après l’Incendie de leur belle maison, la mort de leur fille Méranée, Toussine et Jérémie sombrent, mais se relèvent au bout de trois ans : Toussine accouche d’une petite Victoire, ce qui lui vaut l’admiration de tous, et le surnom de « Reine sans nom » ! « Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie ».
    Télumée fait alors le récit des années passées avec sa mère Victoire, sa sœur, Régina et son beau-père et le compagnon de Victoire, Angebert, un homme discret et bon. Puis, de nouveau, le malheur frappe : Angebert meurt assassiné, la petite famille s’éparpille. Télumée a 10 ans. Elle est confiée à sa grand-mère Toussine « Reine sans nom », direction le village de Fond-Zombi.
  • Dans la seconde partie du roman,« Histoire de ma vie », Télumée retrace son propre parcours.
    Adolescente, Télumée tombe amoureuse d’Elie. Les deux adolescents veulent passer leur vie ensemble. Pour gagner de l’argent, Télumée est engagée comme domestique par Mme Desaragne, une femme blanche et raciste. Celle-ci lui dit, en la regardant droit dans les yeux, que « le nègre est le nègre et depuis que la musique du fouet a quitté leurs oreilles, ils se prennent pour des civilisés... ». Quant à Mr Desaragne, il tente de l’agresser sexuellement. Heureusement, Télumée les quitte rapidement pour emménager avec Elie. C’est une période heureuse jusqu’à ce que Laetitia, une amie d’enfance de Télumée, l’avertisse : « Voilà ce que tu es pour Élie, ma congresse, une succulente canne congo qu’il aspire, mais auras-tu toujours du suc pour le contenter ?... ». Le malheur annoncé survient : Télumée perd l’amour d’Elie, devenu alcoolique et violent. « Cette nuit-là, Élie rentra encore plus tard qu’à l'ordinaire, et me tirant du lit, il commença à me frapper avec acharnement ». Il la trompe avec Laetitia.
    Chassée de chez eux par Elie, elle se réfugie alors chez sa grand-mère, Toussine, qui soigne ses blessures. Quelques temps plus tard, Toussine meurt paisiblement. Dans son deuil, Télumée est soutenue par Man Cia, une vieille amie un peu sorcière de Toussine, qui finit par se volatiliser. Télumée se retrouve seule. Une nouvelle femme, Olympe, apparait pour l’aider. Pendant quelque temps Télumée travaille dans les champs de canne. Cet emploi est redouté : il rappelle le passé esclavagiste et offre des conditions de travail très difficiles. Puis, Télumée retrouve l’amour avec Amboise, un vieil ami d’Elie. Hélas, le malheur frappe encore : Amboise est tué.
    Mais bonheur et malheur se succèdent toujours ! Devenue guérisseuse grâce aux enseignements de man Cia, Télumée reçoit en garde une petite fille, Sonore. Se considérant comme sa mère, Télumée et Sonore sont fusionnelles. Jusqu’à l’apparition d’un sans-abri, surnommé l’ange Médard, que Télumée recueille chez elle. Véritable incarnation du mal, il lui vole sa fille Sonore. L’ange Médard ne s’arrête pas là : il tente de tuer Télumée et se blesse grièvement.
    ► Pour les habitants du village, le bien a triomphé du mal : « nous t’appellerons Télumée Miracle… ».  À la fin de son existence, Télumée recroise Elie, qui cherche son pardon. Mais elle ne le lui accorde pas. Elle compare son pardon à une aumône : « Oui, c’est bien triste… mais c’est comme ça… Ce petit sou vaillant, ces quelques mots que je n’ai pas su donner sont le seul et unique regret de ma vie. »

Qui sont les personnages de Pluie et vent sur Télumée Miracle ?

Télumée est la digne héritière de Minerve, l’arrière-grand-mère, et de sa grand-mère, Toussine. Elle essuie vents et tempêtes. Elle est un « miracle ». Elle porte tous les traumatismes de ses aïeules, mais elle a aussi hérité de leur force. Les autres personnages féminins secondaires sont bienveillants dans leur majorité : citons, entre autres, Man Cia ou encore Olympe. Une exception : la rivale en amour, Laetitia !

Quant aux personnages masculins, il y a deux catégories. Les hommes aimants, mais qui disparaissent vite, comme Angebert ou Amboise ; et les hommes malfaisants, comme Elieet l’ange Médard, qui sont autant d’obstacles à surmonter.

Pluie et vent sur Télumée Miracle et parcours « Tisser les mémoires, habiter le monde »

  • « Tisser les mémoires » : cela signifie entretenir et transmettre notre histoire personnelle, familiale, et humaine. C’est aussi redécouvrir le lien entre le passé et le présent, et comprendre son histoire à travers celle de ses ancêtres.
    Pluie et vent sur Télumée Miracle se présente comme un récit de mémoire collective antillaise, et son écriture se rapproche de celle d’un conte transmis de génération en génération. Tisser, c’est relier des fils entre eux. Et c’est exactement ce que fait Télumée en retraçant l’histoire des femmes de sa famille, tout comme l’explique Toussine, la Reine sans nom : « Les cases ne sont rien sans les fils qui les relient les unes aux autres, et ce que tu perçois l’après-midi sous ton arbre n’est rien d’autre qu’un fil, celui qui tisse le village et qu’il lance jusqu’à toi, ta case. […] C’est par là que nous habitions, Jérémie et moi. »
    Chaque femme représente un fil de l’histoire et de la culture antillaise, et entrelacés, ces fils entretiennent cette mémoire de plusieurs manières. D'abord, par la parole : grâce à des récits racontés de génération en génération, des croyances et des sorcelleries partagées. Puis, par l’écrit, comme le montre Simone Schwarz-Bart en racontant à la première personne, à travers la voix de Télumée, l’histoire de plusieurs générations de femmes.
    ► Pluie et vent sur Télumée Miracle consiste à tisser les mémoires, à transmettre, pour ne jamais oublier la colonisation, l’esclavage et les traitements réservés aux femmes noires.
  • « Habiter le monde » : cela signifie peupler le monde, mais aussi lui donner du sens. Souvent démunis, les descendants d’esclaves recréent un lien avec la terre en nommant leurs maisons, en cultivant des jardins et en partageant des contes. Ainsi, ils se réapproprient un lieu autrefois hostile : habiter, c’est aussi se sentir chez soi, dans son esprit et sa culture.
    Dans le roman, ce monde est incarné par Toussine, parce qu’elle représente cette capacité à se relever et à continuer malgré les épreuves : « Toussine était tout au contraire un morceau de monde, un pays tout entier ». Il ne faut pas voir l’histoire sous un angle entièrement pessimiste : « nous avons été battus pour cent ans, mais nous avons du courage pour mille ans » (Amboise).
    Habiter le monde, c’est aussi habiter les lieux mentionnés dans le roman. Fond-Zombi est un lieu en marge, proche de la forêt pour se retirer de la vie. L’Abandonnée est une ruine que Toussine va faire renaître en même temps qu’elle retrouve goût à la vie.

💡Exemple de conclusion pour le bac de français

Simone Schwarz-Bart accomplit dans Pluie et vent sur Télumée Miracle, ce que l’auteur italien du XXe siècle Umberto Eco a fixé comme objectif à la littérature : « donner une voix à ceux qui n’en ont pas ». C’est aussi ce que fait Laetitia Colombani dans son roman La Tresse, publié en 2017. Elle mêle les destins de trois femmes rejetées par la société qui refusent l’humiliation, se relèvent, se reconstruisent pour permettre à d’autres femmes de mieux « habiter le monde ». Par exemple, l'une d’entre elles, Smita, une jeune maman indienne, est condamnée à ramasser les excréments des riches pour survivre. Elle va refuser que sa fille soit condamnée à la même humiliation.

👉 Retrouve toutes les vidéos et les fiches de révision de la série Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !

Réalisateur : Georges Heilmann

Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet

Producteur : J2F Production

Année de copyright : 2026

Année de production : 2026

Année de diffusion : 2026

Publié le 07/08/26

Modifié le 07/08/26

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