icu.next-video

Contenu proposé par

Musée d'Orsay

Regarde cette vidéo et gagne facilement jusqu'à 15 Lumniz en te connectant !

Il n’y a pas de Lumniz à gagner car tu as déjà vu ce contenu. Ne t’inquiète pas, il y a plein d’autres vidéos, jeux, quiz ou articles intéressants à explorer et toujours plus de Lumniz à remporter.

->   En savoir plus
Arts05:45Publié le 03/04/2026

L'école de Pont-Aven (1886-1894)

Orsay en mouvements

Au XIXe siècle, Pont-Aven, un petit village de pêcheurs breton, attire de nombreux artistes. Le peintre Paul Gauguin n’est pas le premier à s’y rendre, mais c’est lui qui devient le chef de file du mouvement pictural qui naît en ce lieu : l’école de Pont-Aven. Quelles en sont les caractéristiques ? Qui sont les autres peintres célèbres associés à ce mouvement ?

Gauguin et son coup de cœur pour la Bretagne

En juillet 1886, le peintre Paul Gauguin quitte Paris et fuit son ancienne vie d’agent de change. À 38 ans, il veut se consacrer entièrement à la peinture. Après un voyage de 15 heures en train, il arrive en Bretagne, à Pont-Aven, un petit village de pêcheurs, dans lequel il va passer plusieurs longs séjours durant les années qui suivent La vie n’y est pas chère. Gauguin se décrit comme un paysan au bord de la mer.

Ainsi, dans La belle Angèle, Paul Gauguin rend hommage à la Bretagne, un monde ancestral qu’il considère comme épargné par les évolutions de la vie moderne. Il y voit une terre de légendes emplie de résonnances mystérieuses, lui qui s’estime être un sauvage dans son époque. Avec ce portrait de Marie-Angélique Satre qui travaille dans l’auberge qui l’héberge, Gauguin veut rendre compte de son cheminement artistique et de ses différentes influences. Les formes et les volumes de la toile sont simplifiés, les règles de la perspective classique abandonnée. Il entoure son modèle, la belle Angèle, qui se détache sur un fond décoratif en s’inspirant des estampes japonaises (le japonisme). Il ajoute aussi une touche d’Amérique du Sud avec une statuette péruvienne dont la coiffe et les yeux en amandes rappellent ceux de la jeune femme. Paul Gauguin pense apercevoir dans l’art breton une émergence des civilisations considérées comme primitives à l’époque. Tous ces signes constituent une invitation à entrer dans son imaginaire habité par le voyage et le dépaysement.

Les artistes de l’école de Pont-Aven

Bien avant 1886, le petit village breton de Pont-Aven rassemblait des artistes français et étrangers. Plusieurs peintres s’y sont installés au fil du temps, entraînant dans leur sillage l’ouverture de galeries et de marchands de couleurs. Le terme d‘école de Pont-Aven désigne une colonie d’artistes. Ils ont en commun une utilisation de couleurs posées en aplat (surface de couleur sans variation). Ce qui a pour effet de supprimer tout effet de volume et des contours cernés d’un trait plus sombre.

Pour Gauguin, chef de file de l’école de Pont-Aven, il faut davantage penser à la création qu’au résultat. Et surtout, il faut oser !

Il faudrait réapprendre à rêver et à ne plus seulement reproduire.

Paul Gauguin

Pour les peintres qui se rendent à Pont-Aven, Gauguin fait figure de maître. Ainsi, on raconte qu’il donne, en 1888, une leçon de peinture à un jeune artiste nommé Paul Sérusier, alors qu’ils se promènent le long de la rivière de l’Aven. Il peint ensuite Le Talisman, l’Aven au Bois d’Amour. Restée à l’état d’esquisse, cette huile sur bois où la rive de l’Aven et les arbres se confondent avec leurs reflets dans l’eau a joué un rôle important pour toute une génération de peintres. Ils entrevoient la manière dont la couleur peut aussi traduire des émotions.

Émile Bernard s’impose aussi comme une grande figure de l’école de Pont-Aven. Dans Les bretonnes aux ombrelles, une scène qui paraît plutôt figée, l'artiste semble peindre, à première vue, des bretonnes assises. Il ne montre pas la réalité, mais ordonne un jeu de formes et de couleurs. La disposition géométrique des robes, des ombrelles et des collines en parfaits demi-cercles s’oppose à la verticalité des silhouettes et des arbres. Cette synthèse de formes simplifiées et de couleurs cernées d’un contour plus ombre est une caractéristique forte de l’école de Pont-Aven. On parle de synthétisme.

 

💡Ce qu’il faut retenir de l’école de Pont-Aven

Les spécificités de cette peinture sont :

  • des sujets inspirés par la Bretagne.
  • des tons vifs, posés en aplats comme dans un vitrail.
  • des couleurs qui n’imitent pas la nature.
  • des formes simplifiées, parfois géométriques, cernées d’un contour plus sombre.
  • au-delà du sujet, les peintres puisent leurs influences dans l’art médiéval primitif ou japonais et renonce à la perspective classique.

Œuvres notables :

  • Le Talisman, l’Aven au Bois d’Amour, de Paul Sérusier (1888).
  • La belle Angèle, Paul Gauguin (1889).
  • Les bretonnes aux ombrellesd’Émile Bernard (1892).

 

Auteur : Catherine Sauvat, Nicolas Thépot

Producteur : Musée d'Orsay

Année de copyright : 2019

Année de production : 2019

Publié le 03/04/26

Modifié le 03/04/26

Ce contenu est proposé par