Vidéo : Décolonisations : Algérie, la guerre sans nom

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Décolonisations : Algérie, la guerre sans nom

Décolonisations

La France donc a mis du temps à reconnaître que la guerre d'Algérie était une guerre. Elle appelait ça “des événements”. Parce qu’on a du mal à nommer en fait ce qui a été fait. 

Leïla Foughali

 

Au cœur de la décolonisation française, l’Algérie tient une place particulière.De 1954 à 1962, une terrible guerrese déroule des deux côtés de la Méditerranée. Pourtant, il faudra attendre de nombreuses années pour que les autorités reconnaissent que ce conflit meurtrier était une guerre.

Comment expliquer ce silence et pourquoi cette histoire a-t-elle mis si longtemps à s’écrire ?

 Le 8 mai 1945, la Seconde Guerre mondiale s'achève. En métropole comme dans les colonies, on célèbre la fin des combats.

1945 : à Sétif, des villages détruits

En Algérie, où les revendications d’indépendance s’affirment de plus en plus, les autorités consentent à quelques manifestations. Mais dans la ville de Sétif, l’une d’elle va se transformer en champ de bataille... 

Lors du défilé, un policier abat un jeune militant porteur d’un drapeau algérien. Les manifestants s’attaquent aux Français et les massacrent en pleine rue. En réponse, l'armée entre en action. Dans les régions de Sétif, Guelma, et Kherrata des villages entiers sont rasés. Officiellement, la répression s'est soldée par 1 500 morts. En réalité, plus de 15 000 Algériens ont péri. Ces massacres vont longtemps rester sous silence.

Pendant près dix ans, le combat indépendantiste algérien est muselé. Mais en 1954, la défaite de la France en Indochine réveille les espoirs.

Le 1er novembre 1954, le front de libération nationale, le F.L.N., déclenche une vague d’attentats anti-français à travers toute l’Algérie.

À Paris comme à Alger, ces attaques sont un véritable choc car l’Algérie n’est pas une colonie. C’est un morceau du territoire national composé de plusieurs départements où vivent 9 millions d’Algériens mais aussi 1 million et demi de citoyens français, communément appelés pieds noirs. Le gouvernement entend agir avec fermeté. François Mitterrand, le ministre de l’Intérieur de l’époque, se rend sur place pour affirmer sa position. 

Pour lutter contre le mouvement indépendantiste, la France déploie de grands moyens. Sous prétexte de pacifier le territoire, elle se lance dans d’importantes opérations, menées par l’armée, au prix d’une violence croissante et de la généralisation de la torture.

 1956 : les attentats se multiplient en Algérie et en France

En 1958, la crise algérienne provoque l’effondrement de la IVe République et le retour du général De Gaulle au pouvoir.

Pour garder l’Algérie, De Gaulle veut amener le FLN à négocier. Mais rien n’y fait, le FLN ne dépose pas les armes, et maintient sa position : l’Indépendance ou rien !

Bientôt la situation devient intenable. Le conflit s’étend même en métropole. L’OAS, l’Organisation Armée Secrète, prête à tout pour défendre l’Algérie française, fomente une série d’attentats sanglants auxquels répondent les attentats du FLN.

1962 : l'Algérie est indépendante

En 1962, après huit années de lutte, l’Algérie arrache enfin son indépendance. A l’été, les pieds noirs sont contraints de quitter le pays qui les a vus naître.

La fin de la guerre est aussi marquée par le sort tragique des harkis, ces Algériens qui ont combattu pour l’Algérie française, et que la France a abandonné à la vengeance du FLN, ce sont les victimes oubliées de ce conflit fratricide.

L’histoire de la guerre d'Algérie est remplie de pages sombres. Elles ont longtemps fait de ce conflit une guerre “sans nom” qui continue de marquer les cœurs et les esprits.

Zohra Drif : « On n'écrit pas l'histoire avec une gomme. C'est des choses qui ne s'effacent pas. »

 

Déccouvrez tous les épisodes de la série Décolonisations 

Réalisateur : Simon Maisonobe

Producteur : Cinétévé

Publié le 02/10/20

Modifié le 02/10/20

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