Vidéo : Portée et mémoire de l'abolition de 1848

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Portée et mémoire de l'abolition de 1848

Vers la seconde abolition de l'esclavage dans les colonies françaises 1802-1848

Les abolitionnistes trouvent un écho de plus en plus important chez les ouvriers des grandes villes qui revendiquent leur liberté et leurs droits. En février 1848 une émeute éclate dans la capitale française. Devant la violence des affrontements, le roi Louis-Philippe abdique, et la monarchie est renversée. Pour le gouvernement provisoire, se pose alors la question de la situation coloniale. Quel sort réserver aux esclaves ? L’abolition est-elle possible ? Et quelles sont les conséquences de l’esclavage ?

L'abolition de l'esclavage

Victor Schoelcher est nommé sous-secrétaire d’Etat aux colonies afin de s’occuper de l’abolition de l’esclavage. Si le projet progresse vite, ce n’est pas sans compter sur les freins de l’aristocratie coloniale. En effet, le 31 mars 1848 le ministre de l’Intérieur du gouvernement provisoire adresse un message aux esclaves martiniquais afin de les berner : la rédaction du décret prenant beaucoup de temps, ils doivent rester esclaves jusqu’à ce que celle-ci soit définitivement validée. Bien évidemment, tout ceci n’est que mensonge. Toutefois, en Martinique la tension monte lors de manifestations des esclaves. La situation vient au drame avec plusieurs morts sur toute l’île, et pousse le conseil municipal de Saint-Pierre à se réunir d’urgence. Le 23 mai 1848 l’abolition de l’esclavage est ainsi proclamée.

Les conséquences de l'esclavage

Alors que l’esclavage est aboli, vient un nouveau problème : celui de la citoyenneté. Les débats sur le sujet sont vifs. On se dispute sur les droits des anciens esclaves, notamment le droit de vote ; mais aussi sur l’organisation du travail. Pour Victor Schoelcher, le progrès n’est possible qu’avec la pleine liberté. Et à la question du dédommagement des colons, il répond que la France doit des indemnités autant à ceux qui ont profité de l’esclavage, les maîtres, qu’à ceux qui en ont souffert, les esclaves eux-mêmes. Et si cette abolition clôt une lourde et sombre page de l’Histoire de France, tous les problèmes sont loin d’être réglés. L’économie, le salariat, l’identité, l’indépendance, ou encore la langue font partie des choses dont le gouvernement doit s’occuper. Mais surtout tout cela prouve que l’esclavage a laissé des cicatrices et des traces dans les mentalités et les comportements de la société. Enfin, d’autres pays abolissent eux aussi l’esclavage au XIXe siècle. Mais il faut attendre l’aube du XXIe siècle, le 10 mai 2001, pour que soit adoptée la loi Taubira qui reconnaît la traite des Noirs et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Réalisateur : Didier Roten, François Vivier

Producteur : La Rochelle : Anekdota Productions; Paris : France Télévisions; Malakoff : RFO - France Ô

Année de production : 2010

Publié le 20/04/12

Modifié le 20/04/21

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