Vidéo : Comment expliquer le massacre d'Oran ?

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France Télévisions
Histoire06:01Publié le 11/03/2022

Comment expliquer le massacre d'Oran ?

Oran, le massacre oublié

60 ans après le massacre d'Oran, de nombreuses zones d’ombre entourent encore les circonstances des évènements. Si une estimation plus précise du nombre de victimes a récemment été annoncée, il restera probablement impossible de désigner les responsables. Notamment en raison du comportement du gouvernement français, qui souhaitait se défaire au plus vite de l’affaire algérienne.

Un bilan difficile à estimer

Rapidement, le massacre d’Oran du 5 juillet 1962 est passé sous silence. Par exemple, moins de deux semaines plus tard, le 18 juillet, le général de Gaulle affirme qu’à l’exception de quelques enlèvements, tout s’est bien passé en Algérie. En effet, le pouvoir gaulliste souhaite en finir au plus vite avec l’Algérie française. A l’instar des autorités algériennes, le gouvernement français va jusqu’à minimiser le bilan des évènements.

Ainsi, différents chiffres sont évoqués, d’une vingtaine à plus de 25 000 morts, et le véritable nombre de victimes est resté méconnu jusqu’en 2010. A l’issue d’une longue enquête, l’historien Jean-Jacques Jordi estime que 700 personnes seraient en réalité décédées ou auraient disparu ce jour-là. Ce qui ferait de cette journée la plus meurtrière de la guerre d’Algérie.

La responsabilité française

Le général Katz, qui commande les forces françaises basées à Oran, est immédiatement mis en cause pour ne pas avoir ordonné aux militaires d’intervenir, les laissant impuissants. Cependant, la responsabilité de cette inaction incomberait en réalité au général de Gaulle. Le Président l’aurait ordonné contre l’avis de son premier ministre Georges Pompidou et des chefs de l’Etat-major car il ne voulait pas porter atteinte à la souveraineté algérienne. Le 24 mai 1962, il déclarait ainsi que si des gens venaient à s’entretuer après l’indépendance, les Français ne devaient pas intervenir dans le maintien de l’ordre.

Le massacre d’Oran, fruit d’une lutte politique entre Algériens ?

Le nouveau pouvoir algérien, quant à lui, fait part d’actions incontrôlées de voyous. Pourtant, d’après des rumeurs persistantes, le massacre serait la conséquence d’une rivalité politique entre deux clans : les modérés, dirigés par Benyoucef Benkhedda, qui ont négocié les accords d’Evian, et l’Armée de Libération Nationale (ALN), un groupe plus radical mené par Ahmed Ben Bella.

Ben Bella et Houari Boumédiène souhaitaient se débarrasser de toute présence française pour que l’Algérie soit de nouveau un vrai pays musulman. Et ils étaient prêts à utiliser la force contre les Français qui ne voulaient pas partir. De plus, les deux hommes savaient que l’armée française ne pourrait pas intervenir, et qu’ils avaient donc le champ libre. Cependant, rien ne permettra jamais de prouver la véracité de ces accusations.

Réalisateur : Georges-Marc Benamou & Jean-Charles Deniau

Producteur : Siècle Production

Année de copyright : 2018

Publié le 11/03/22

Modifié le 11/03/22

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