Les « pères » de l'Europe : Victor Hugo

Jean-Michel Gaillard : les 'pères' de l'Europe

Publié le 01/02/08Modifié le 02/09/19

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1848 : le printemps des peuples

En 1848, c'est le « printemps des peuples ». Partout en Europe – qui existait déjà de facto –, à Budapest, à Vienne, à Berlin, à Paris, à Turin, à Milan..., les peuples se révoltent. Après la défaite de Napoléon, le congrès de Vienne a restauré les monarques et les autocrates. Les peuples demandent donc de la démocratie et réclament des nations. Pour beaucoup d'entre eux, ils sont prisonniers d'empires multinationaux  (l'Empire russe, l'Empire austro-hongrois, etc.) qui ne reconnaissent pas leur identité nationale. 

Victor Hugo : visionnaire des États-Unis d'Europe

En 1848, alors que règne une atmosphère de guerre, Victor Hugo entraperçoit le risque du choc des nations, avec un patriotisme qui peut dégénérer. Les nations doivent être les matrices de la démocratie, mais pour qu'elles s'entendent entre elles, il faut créer quelque chose qui ressemble aux « États-Unis d'Europe ». C'est une idée neuve. Jusqu'alors, l'Europe était napoléonienne, impériale, imposée aux autres par la domination. Victor Hugo rêve d'une Europe librement négociée entre les nations qui la composent ou la composeront. Son idée est très simple : éviter la guerre, donner à l'Europe une force pour contrer l'émergence de la puissance américaine, qu'il avait été parmi les premiers à percevoir. Face aux États-Unis d'Amérique, il faudra des Étas-Unis d'Europe pour dresser un pont de part et d'autre de l'Atlantique.

L'Europe face au danger des nations

Dès 1850, avec la nouvelle restauration des monarchies, les idées de Victor Hugo sont balayées. L'Europe des nations devient l'Europe des nationalismes et des passions exacerbées, avec pour conséquences la guerre de 14-18, puis celle de 39-45. 

Ce n'est qu'au lendemain de la Première Guerre mondiale que la vision de Victor Hugo renaît. Aristide Briand est alors convaincu que la réconciliation franco-allemande doit être la matrice de la reconciliation européenne dans son intégralité. En septembre 1929, à la tribune de la Société des nations, à Genève, il tient un discours prémonitoire dans lequel il propose une fédération de 27 États européens. 

Producteur : France 5

Diffuseur : France 5

Année de copyright : 2004

Année de production : 2004

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